Transformation digitale : ce que la fable ne nous dit pas.

Dans un article précédent sur la transformation digitale, j’avais mis l’accent sur la nécessité de ne pas se focaliser sur une stratégie de marque, au détriment d’une réelle transformation en interne, dans la conduite du changement.

Si l’expression “transformation digitale” est devenue le Buzz-Word de l’année, un “must to be” et une introspection, inscrite dans l’agenda des entreprises qui comptent, beaucoup d’entre elles ont opéré leur mue, à coups de liftings et de botox médiatiques sur les plateformes digitales. Mais quand on creuse un peu sous le fard, au contact de la marque en IRL*, en franchissant un magasin, une agence ou un comptoir, le gap surgit comme l’effet qu’aurait fait une rencontre coquine avec une relation draguée sur un Tinder, où la photo ne correspondait pas à la conquête en face. Bref ! Une déception.

Dans une étude réalisée l’année dernière par le cabinet Accenture, il en ressort que les modèles disruptifs et agiles des jeunes startups représentent de plus en plus une menace concurrentielle pour les entreprises, en opposition avec leur mode de gouvernance historique et presque “has been”. Certaines d’entre elles ont bien opéré leur transformation numérique avec succès et commencent déjà à en récolter les fruits, surtout celles qui ont compris la nécessité de coopter, voire s’associer avec des startups innovantes pour accompagner leur propre transformation. L’évidence aujourd’hui c’est que tout le monde veut en être.

Mais quand une entreprise néglige sa mutation RH et se limite à une stratégie de marketing digital orientée marque, ou à lancer des opérations de com espérant la voir figurer dans l’almanach des #digitalcompliantcompanies, sachant que l’usager final n’est plus dupe, c’est perdu d’avance.

Au risque de me répéter, je ne pourrai conclure sans souligner que, comme dans tout processus il y a un parcours et une méthodologie. Et faire l’impasse sur une action, tenter de brûler des étapes dans le parcours, ou vouloir commencer par la fin, c’est comme dit un adage bien de chez nous, s’efforcer de cacher le soleil avec un tamis.

Alors commençons par construire et former des équipes de talents avant d’envisager une réconciliation avec sa cible, de reconquérir son marché ou tout simplement de rester dans la course. Car, ne dit-on pas qu’entreprendre dans le digital est un marathon… Pas un sprint !

Par Rafie S’HAKI

*IRL : In Real Life (dans la vie réelle : expression désignant une situation dans la vraie vie, en opposition au monde virtuel)

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